Ensemble Vaincre le Cancer

Les facteurs de risque à l'origine des cancers du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus peut apparaître à tout âge, à partir de 25-30 ans. Dans la plupart des cas, il est lié à une infection virale.

L’infection par le HPV

L’infection par un virus de la famille des papillomavirus humains (HPV) est la première cause de survenue des cancers du col de l’utérus. Les HPV sont des virus sexuellement transmissibles très répandus. Plusieurs sous-types peuvent provoquer des lésions qui peuvent devenir précancéreuses (on parle de dysplasies) et dont la gravité augmente avec le temps. Si elles ne sont pas traitées, ces lésions peuvent se transformer en cancer du col de l’utérus. D’autres sous-types ne sont responsables que de condylomes qui ne présentent aucun risque.

Les autres facteurs de risque

Indépendamment de l'infection par le HPV, d'autres facteurs semblent favoriser l'apparition du cancer du col utérin : le fait d’avoir eu plusieurs grossesses, le tabagisme, certaines infections (Chlamydia ou virus de l’herpès), l'immunosuppression… L’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux pris sous forme de pilule, d'implant, de patch ou de stérilet hormonal a également un impact ; le risque d'apparition du cancer du col de l'utérus augmente avec la durée d'administration du traitement par contraceptifs oraux. Ce risque diminue à l'arrêt de la pilule contraceptive pour devenir quasiment nul 10 ans après l'arrêt du traitement .

Prévenir le cancer du col utérin par vaccination

Le HPV existe sous plusieurs formes ou « génotypes ». Il a été montré que les infections par les HPV 16 ou 18 sont à l’origine de 70 % des cas de cancers du col de l’utérus dans le monde. L’infection par les HPV 6 ou 11 serait quant à elle responsable de condylomes génitaux. Pour prévenir ces infections, des vaccins préventifs « anti-HPV » ont été mis au point : l’un d’eux, dit « bivalent », protège contre les génotypes 16 et 18, et l’autre couvre les quatre génotypes 6, 11, 16 et 18. Ces vaccins favorisent la production par l’organisme des anticorps capables de protéger l’utérus en cas d’infection virale. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande que « la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus puisse être pratiquée entre les âges de 11 et 14 ans » afin de les protéger avant qu’elles ne soient exposées à un risque d’infection. De même, il est recommandé que le vaccin soit proposé aux jeunes filles et jeunes femmes de 14 à 19 ans révolus. Toutefois, la prévention du cancer du col de l’utérus ne se limite pas à la vaccination contre les infections à papillomavirus, celle-ci ne se substituant pas au dépistage par le frottis cervico-vaginal (voir page suivante).

Le dépistage des cancers du col de l'utérus

Un suivi gynécologique régulier est recommandé. En effet, c’est au cours d’une consultation avec son médecin que peut être pratiqué le frottis, examen de dépistage des lésions précancéreuses (dysplasies) et du cancer du col de l’utérus, et que peuvent être détectés les signes cliniques précoces du cancer.

Le cancer du col de l'utérus peut être dépisté précocement grâce à l’examen clinique gynécologique. Le dépistage par frottis cervico-vaginal permet surtout de repérer d’éventuelles lésions précancéreuses afin de les traiter avant qu’elles évoluent vers un cancer du col de l’utérus.

Le gynécologue réalise cet examen à l’aide d’une petite brosse ou d’une spatule, grâce à laquelle il prélève un échantillon de cellules au niveau du col de l'utérus et du fond du vagin. Cette technique, très rapide et indolore, permet à un médecin d’observer au microscope les cellules recueillies pour déterminer leur type et leur quantité. Bénéficier régulièrement d’un frottis est le meilleur moyen de repérer des lésions précancéreuses : leur retrait précoce permet ainsi de prévenir le développement des cancers du col de l'utérus. Le frottis cervico-vaginal permet également de détecter des lésions cancéreuses précoces, alors que le cancer du col de l’utérus est par ailleurs le plus souvent asymptomatique. Ainsi, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux femmes de 25 à 65 ans de se soumettre au frottis tous les trois ans (après deux premiers examens normaux réalisés à un an d’intervalle).

Le suivi gynécologique

Si en France, le suivi gynécologique n'est pas obligatoire (sauf en cas de grossesse), il est recommandé de consulter régulièrement son médecin généraliste ou son gynécologue, dès le début de sa vie sexuelle. En effet, seul un tel suivi permet de détecter ou dépister précocement des anomalies gynécologiques, ainsi que d’éventuelles infections sexuellement transmissibles (IST). Lors d’un examen gynécologique, le médecin introduit dans le vagin un instrument appelé spéculum pour observer la partie supérieure du vagin et du col de l'utérus. Le médecin pratique ensuite un toucher vaginal, qui consiste à palper, par deux doigts introduits dans le vagin et l'autre main posée sur l'abdomen, les organes de la région pelvienne (vagin, col utérin, corps de l'utérus, trompes et ovaires).

Le diagnostic des cancers du col de l'utérus

Seules l’observation et l’analyse de tissus du col de l’utérus, prélevés par biopsie ou curetage, permet d’établir un diagnostic définitif.

Avant la ménopause, les symptômes précoces les plus fréquents d'un cancer du col de l'utérus sont des saignements survenant en dehors de la période des règles, spontanément ou après des rapports sexuels. Une augmentation anormale des pertes vaginales peut également être considérée comme un symptôme bien que, dans l'immense majorité des cas, elle soit provoquée par d'autres maladies ou infections. Ces signes d'alerte ne sont pas toujours associés à un cancer, mais ils requièrent l'avis d'un médecin basé sur u examen clinique.

Si l’examen clinique du col de l’utérus révèle des zones anormales, il prélève un petit échantillon de tissu pour le faire analyser au microscope. Toutefois, lorsque l’examen clinique n’a rien révélé d’anormal alors que le résultat d’un frottis indique la présence de cellules précancéreuses ou cancéreuses, le médecin peut alors pratiquer une colposcopie, qui permet une observation précise des zones suspectes et facilite la biopsie du col utérin : il applique alors au niveau de la muqueuse du col utérin des réactifs colorés qui « révèlent » les éventuelles lésions de la muqueuse. Ainsi mises en évidence, ces zones lésées peuvent alors plus aisément faire l’objet d’une biopsie.

Les tissus prélevés sont envoyés à un anatomopathologiste, médecin spécialiste de l'observation des cellules au microscope. Il examine les échantillons prélevés et détermine si leur aspect indique une dysplasie (qui n'est pas un cancer, mais une lésion qui peut devenir cancéreuse), un carcinome in situ (une lésion précancéreuse, localisée au niveau d'une zone très superficielle du col utérin) ou un cancer du col de l'utérus.

Si l'analyse indique la présence d'un cancer du col utérin, il est possible d'estimer son degré d'extension par l'examen clinique et en pratiquant une IRM, éventuellement associée à un PET-scan. En cas de dysplasie, cette lésion fera l'objet d'une surveillance et son évolution sera suivie par colposcopie.

Qu'est ce qu'une dysplasie ?

Une dysplasie du col de l’utérus n'est pas un cancer mais une lésion qui peut évoluer pour devenir cancéreuse. Elle correspond à une modification des cellules de l'épithélium du col utérin, à la suite de l’apparition d’un condylome, causé par une infection par un papillomavirus humain (HPV). Selon l'étendue de l’épithélium qui est atteinte, la dysplasie est dite légère (jusqu'à un tiers des cellules cervicales anormales), modérée (deux tiers environ de cellules anormales) ou sévère (quasi totalité de cellules anormales). Certaines dysplasies légères ou modérées peuvent disparaître sans traitement. Toutefois, certains cas de dysplasie modérée et la plupart des cas de dysplasie sévère ne disparaissent pas spontanément. Les cellules

sont considérées comme « précancéreuses » et peuvent évoluer si elles ne sont pas détectées et traitées à ce stade. Elles peuvent alors aboutir à une forme précoce de cancer du col de l'utérus appelée carcinome in situ, qui reste localisée aux zones superficielles de l’épithélium.

Dernière mise à jour : 06-03-2014

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